Drôle d’anniversaire pour l’aimable Rubens Barrichello. A peine le petit Brésilien venait-il de fêter en Turquie ses 257 départs en grands prix, un record qui efface des tablettes celui que détenait jusque-là l’Italien Riccardo Patrese, qu’il se voit sommer de prouver sa valeur au sein du Honda Racing. Naturellement interrogé à Istanbul sur la possibilité d’atteindre le chiffre mythique de 300 grand prix au compteur, Rubens ne s’est pas dérobé en estimant qu’il se sentait d’attaque pour conduire en F1 deux ou trois saisons supplémentaires.

Rubens Barrichello
A raison de 17, 18 ou 19 courses par an, c’est en effet le minimum requis pour tenter de franchir cette barrière et resté, sans doute pour l’éternité, le pilote le plus assidu de l’histoire de la F1. Loin d’être ridicule aux côtés du rapide Jenson Button. Barrichello qui fêtera ses 36 ans, le 25 mai prochain veut bien y croire. « Je ne sais pas si je parviendrai à atteindre les 300 grands prix mais je vais essayer. Un ami m’a dit que j’avais la course dans le sang et c’est vrai que c’est ce que je ressens », a commenté Rubens tout sourire.

Sauf que Nick Fry, le directeur du Honda Racing, fossoyeur de Super Aguri est tout de suite venu réfréner ce bel optimisme en estimant que Barrichello va devoir faire preuve de davantage de compétitivité s’il veut conserver son volant au sein de l’écurie anglo-japonaise. « Rubens doit se montrer rapide s’il veut rester avec nous. S’il ne l’est pas, il devra céder sa place », fait observer Nick Fry qui précise que le Brésilien est parfaitement au courant de la situation.

Faut-il y voir là, la volonté d’Honda de réintégrer Takuma Sato au plus vite comme semble déjà l’indiquer l’éventualité (Fanatic F1 du 12 mai) d’un remplacement pour le prochain grand prix du Japon ? L’analyse n’est pas infondée tant Sato demeure toujours aussi vénéré dans son pays au point que le sort qui lui est réservé par le constructeur nippon est vécu là-bas comme une trahison. Avec les conséquences que l’on imagine sur l’image et la réputation de Honda sur son marché national. Nick Fry reconnaît que Barrichello reste toujours aussi motivé, ce qui n’est rien moins que remarquable après 15 ans (1993) de F1. Il admet aussi que le Brésilien tient bien son rang en termes de pilotage et que son expérience est un plus pour l’écurie. Mais il faut aussi constater que Barrichello n’a pas marqué un seul point depuis Sao Paulo 2006 et que les seuls points marqués (6 en 2007 et 3 en 2008) par une équipe Honda en grande difficulté sont à mettre au crédit de Jenson Button. Voilà donc « Papy » Rubens contraint à faire de la résistance !


José Carron