McLaren-06



Pas d’excuses
Lewis ne peut s’en prendre qu’à lui-même et n’a pas cherché d’excuses pour être tombé dans le piège d’une réglementation qualifiée de « stupide ». Si stupide d’ailleurs que la FIA, avant même cet incident qui a ruiné la course de deux des prétendants au titre 2008, avait déjà décidé de la modifier. Les supporters d’Hamilton se lamenteront longtemps de cette bourde dont les conséquences entament sérieusement ses chances au championnat face à des adversaires qui ne manqueront pas d’en tirer profit. Comme l’ont fait au Canada les deux pilotes BMW Sauber pour signer le même jour la première victoire et le premier doublé de l’écurie allemande avec, cerise sur le gâteau, la prise de pouvoir de Robert Kubica au classement provisoire. Le sympathique Polonais ouvre enfin son compteur de victoires en grand prix et peut légitimement envisager de se battre pour le titre dès cette année, même s’il ne le reconnaît encore que du bout des lèvres.

Absence de cervelle ?
Comme Raikkonen, Kubica avait bien vu le feu rouge mais lui comme le Finlandais ne pouvaient pas le manquer puisqu’ils étaient repartis côte à côte après leur arrêt, donnant même un moment l’impression de se disputer la sortie des stands, comme cela s’est déjà vu dans le passé. S’il faut trouver un début d’excuse à Hamilton et Rosberg, c’est sans doute là qu’il faut chercher, l’Anglais et l’Allemand se focalisant sur les voitures devant eux en omettant de lever le nez pour s’inquiéter de la couleur du feu, comme ils auraient dû le faire. La polémique risque de faire couler beaucoup d’encre entre pro et anti-Hamilton, comme il n’y a pas si longtemps entre pro et anti-Schumi ou entre pro et anti-Alonso. Normal. Ceux qui n’aiment pas l’Anglais ne vont pas manquer de faire observer qu’il manque de cervelle. Après la perte du titre 2007 au Brésil par une absence évidente de lucidité, Hamilton a en tout cas de nouveau dévoilé au Canada l’un de ses rares points faibles : celui de rester trop concentré sur sa course au détriment de ce qui se passe autour de lui, certain qu’il est de pouvoir sortir vainqueur de toutes les situations. La preuve que non. La sanction – sévère - de la FIA lui donne un bon mois, d’ici Silverstone, pour lui permettre de corriger définitivement ce défaut de jeunesse et retrouver, sur ses terres, le chemin de la victoire.

José Carron