Le jour où tout s'est joué pour Robert Kubica
Par José Carron, jeudi 12 juin 2008 à 14:36 :: General :: #25 :: rss
Un an près avoir déjà subi l'affront d'avoir vu Renault et Flavio Briatore lui préférer Jacques Villeneuve pour remplacer Jarno Trulli. Son attitude s'en ressent. Chaque fois qu'il quitte le stand, il fait glisser l'arrière de la Renault d'un coup d'accélérateur rageur avant de montrer sur la piste qu'il a bien le talent requis en termes de vélocité pour conduire une F1. Peine perdue.
Un « buzz » se crée autour de la R25 championne du monde
Autour de l'une des deux R25, deux jeunes pilotes observent la gorge nouée le balai des mécaniciens : l'Italo-suisse Giorgio Mondini et le Polonais Robert Kubica. Tous les deux ont été invités en Espagne par Renault F1 pour effectuer un essai. Kubica en récompense de son triomphe en World Series by Renault 3.5 quelques semaines plus tôt au volant d'une voiture de l'écurie espagnole Epsilon Euskadi et Mondini pour avoir conquis le titre équivalent de Formule Renault Europe en 2004 et dont les premiers tours de roues en F1 sur la Renault ont été maintes fois reportés. Le timing de la journée est très étroit. Les deux pilotes n'auront droit qu'à cinq trains de pneus chacun, à eux d'en faire bon usage. Kubica, conduira le matin, Mondini après la pause déjeuner. Le détail a son importance car Robert va terminer sa séance alors que la piste, réchauffée par le soleil, va retrouver une température plus propice à l'exploitation des pneumatiques tandis qu'à l'inverse Giorgio, qui n'utilisera au final que quatre trains, va devoir effectuer ses séries de tours rapides alors que le soleil décline peu à peu et que la piste se refroidit. Kubica qui a roulé toute la saison en 3.5 s'avère plus affûté que Mondini.
Très vite, on le sent à l'aise au volant de la R25 tandis qu'il se comporte de manière très professionnelle à chacun de ses arrêts. Un « buzz » se crée autour de lui dans le stand Renault et le long de la pit lane où sont présentes la plupart des écuries dont McLaren Mercedes, avec Juan Pablo Montoya, et Sauber BMW. « Il va vite ce Kubica » entend-on ici ou là quand Robert se met à rouler dans les temps de Franck Montagny. En quelques dizaines de tours le Polonais venait de s'acclimater à la puissance d'une F1, aux contraintes de pilotage induites par les pneus qu'elles utilisent sans compter, même si cela n'a l'air de rien, au volant truffé de commandes dont elles sont équipées.
Premiers contacts avec un Mario Theissen impressionné
Moins bien préparé par manque de compétition, si l'on excepte quelques courses de GP2 disputées au coup par coup, Giorgio Mondini n'allait pas démérité, loin de là. Surpris justement par un volant dont la configuration n'était pas celle qui lui avait été fournie par fax (!) l'avant veille, le jeune Italo suisse s'emmêlait les pinceaux à la sortie des stands, contraignant les autres monoplaces à s'arrêter et les mécanos de Renault à aller récupérer la R25 à pied pour la ramener dans son box. Pas vraiment la meilleure entrée en matière pour un débutant en F1. Après avoir perdu beaucoup de temps, Mondini reprenait ses séries de tours. D'abord très lent, il prenait finalement lui aussi la mesure de la R25 pour se rapprocher à une petite seconde des temps de Kubica et Montagny avec, on l'a vu un train de pneus « tendres » en moins. Mais pour Giorgio comme pour Robert, l'enjeu n'était pas ce jour-là d'intégrer le Renault F1 Team qui disposait à l'époque du champion du monde Fernando Alonso, de Giancarlo Fisichella et d'un troisième pilote sous contrat avec Heikki Kovalainen.
En revanche c'est bien ce 1er décembre que Robert a suscité l'intérêt de Mario Theissen et que les premiers contacts se sont noués entre le patron de BMW Motorsport et le sympathique Daniele Morelli à qui le pilote Polonais doit tout. La suite, on la connaît, Robert Kubica a intégré l'écurie BMW Sauber en tant que troisième pilote avant de remplacer Jacques Villeneuve à l'été 2006 et de remporter son tout premier grand prix, il y a moins d'une semaine au Canada. Giorgio Mondini quant à lui été moins heureux même s'il a atteint la F1 en 2006 en tant que troisième pilote de l'écurie Midland devenue aujourd'hui Force India, pour neuf grands prix. Une période durant laquelle il s'est illustré deux ou trois fois lors des essais du vendredi, notamment à Monaco.
José Carron

Commentaires
1. Le vendredi 13 juin 2008 à 15:18, par Speed
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