Honda peut-il sortir d'un enfer pavé de bonnes intentions ?
Par José Carron, lundi 16 juin 2008 à 16:23 :: General :: #26 :: rss
« Ce à quoi à nous aspirons consiste à pouvoir battre Ferrari et McLaren dans un bon jour, mais il est clair que nous n’y parviendrons pas cette année ». Cette déclaration de Nick Fry, le directeur exécutif de Honda F1, a le mérite de la franchise en même temps qu’elle illustre une dure réalité pour l’écurie anglo-nippone. Une réalité qui confine au désastre si l’on tient compte de l’argent investi par le géant de l’industrie japonaise en F1 et une réalité qui fait injure au passé glorieux d’une marque dont le nom reste étroitement liée à l’histoire de la compétition automobile et motocycliste.
Début 2008, l’arrivée de Ross Brawn, le stratège de Ferrari, l’homme qui a contribué grandement à asseoir la domination de la Scuderia avec Michael Schumacher, pouvait laisser entrevoir quelques améliorations. Les deux monoplaces de Jenson Button et Rubens Barrichello ont bel et bien affiché un meilleur potentiel qu’en 2007, le petit Brésilien se retrouvant même brièvement en tête d’un grand prix du Canada chaotique, mais l’enfer que traverse l’équipe de Brackley depuis trois ans n’est pour l’instant que pavé de bonnes intentions. La première victoire, brillante mais aussi chanceuse, de Jenson Button au grand prix de Hongrie 2006 n’aura été qu’un bref rayon de soleil sans lendemain pour une écurie qui s’était illustrée deux ans plus tôt par une dizaine de podiums et par une deuxième place au championnat constructeurs derrière Ferrari et devant Renault, Williams BMW et McLaren Mercedes.
Le départ de David Richards en tant que patron d’écurie puis celui de l’ingénieur Geoff Willis, deux des hommes clés des succès de BAR Honda, restent pour beaucoup d’observateurs une erreur fondamentale des dirigeants de Honda F1. Ils ont en tout cas précédé la débâcle à laquelle on assiste aujourd’hui sur la piste, pour ne rien dire du triste et dramatique épisode Super Aguri qui se solde pour Honda par une dette de quelque 55 millions de dollars, telle que vient de l’établir le liquidateur de l’écurie disparue des circuits après le grand prix d’Espagne.
Pas ou peu d’évolutions sur l’actuelle RA 108
Ross Brawn pourra-t-il redresser la barre ? L’ingénieur anglais qui renégocie actuellement son contrat veut y croire. C’est en tout cas lui qui vient de décider de tirer un trait sur 2008 pour mieux préparer 2009. De toutes les écuries qui galèrent en milieu et en fond de grille, Honda F1 est donc la première à annoncer que son actuelle monoplace ne subira plus ou guère d’évolutions d’ici la fin de la saison, le travail de fond portant d’ores et déjà sur la voiture de 2009. « Nous allons juste apporter deux ou trois améliorations sur la RA 108 qui se traduiront par l’apparition de nouvelles pièces à partir de Silverstone », explique Ross Brawn. Commentant cette décision qui fait suite à celle déjà prise l’an dernier pour les mêmes raisons (la Honda de l’époque s’avérant souvent moins performante que les Super Aguri de Takuma Sato et Anthony Davidson !), Nick Fry continue d’afficher un optimisme un rien forcené. « Je n’ai jamais eu le moindre doute que nous puissions y arriver parce que la F1 reste une science et non un art. Il faut juste un petit peu de chance et avancer pas à pas… » D’aucuns pourraient argumenter avec lui que gagner en F1 est autant affaire de talent, et donc d’un certain art de la course, que de technologie. C’est d’ailleurs ce qui en fait parfois tout le charme. Reste que Nick Fry n’a pas tout à fait tort, mais on se demande si Honda peut se permettre une quatrième année d’insuccès, ne serait-ce qu’en termes d’image ?
Le pouvoir de rêver ou de…cauchemarder ?
Côté pilote, l’annonce cette semaine que les deux volants ne sont pas officiellement pourvus pour 2009 ouvre la voie à de nouvelles spéculations. « Tout est ouvert », fait observer Nick Fry. « Jenson autant que Rubens sont conscients de cette situation », ajoute-t-il. Reste à savoir si l’éventualité d’un départ de Button est une bonne nouvelle pour Honda F1 ? Elle pourrait l’être pour le talentueux pilote anglais dont l’arrivée sur le marché pourrait bouleverser bien des choses. Et en premier lieu la possibilité de rejoindre une écurie capable de lui offrir une voiture susceptible de lui permettre de viser un titre mondial et non simplement d’en rêver comme l’indique le slogan « Power of Dreams » de Honda F1 !
José Carron

Commentaires
1. Le lundi 16 juin 2008 à 16:59, par Thierry
2. Le lundi 16 juin 2008 à 17:35, par Seb' Winner
3. Le lundi 16 juin 2008 à 18:20, par Hugues
4. Le lundi 16 juin 2008 à 18:31, par Felipe MASSACRE
5. Le lundi 16 juin 2008 à 18:35, par MarcL
6. Le lundi 16 juin 2008 à 18:56, par Hugues
7. Le lundi 16 juin 2008 à 19:17, par josé carron
8. Le lundi 16 juin 2008 à 19:45, par Hugues
9. Le mardi 17 juin 2008 à 13:04, par MarcL
10. Le mardi 17 juin 2008 à 20:23, par Hugues
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