Est-ce la robe rouge de leur carrosserie, une couleur qui sied si bien aux grands crus de la région, qui rend les Ferrari imbattables en terre bourguignonne ? On serait tenté de le croire tant les monoplaces de la Scuderia sont à leur aise sur le circuit de Magny-Cours. Le millésime 2008 s’est avéré aussi bon que 2007 avec un nouveau doublé à la clef, Felipe Massa l’emportant cette fois sur Kimi Raikkonen pour signer sa troisième victoire de la saison et reprendre la tête au classement du championnat du monde. Pauvre Kimi, déjà malchanceux au Canada le voilà de nouveau privé d’une victoire acquise d’avance par la faute d’un échappement défectueux. Manque de pot pour le Finlandais mais coup de pot pour le petit Brésilien qui avait jusque-là subi la loi de Raikkonen, tant aux qualifications qu’en début de course.

Hamilton, le pestiféré !

Parti de la pole, le champion du monde en titre s’était ménagé une avance de six à sept secondes sur Massa à l’approche des premiers ravitaillements lorsque la légère perte de puissance engendrée par l’incident a coupé son élan et permis à son coéquipier de prendre l’avantage. Et le conserver jusqu’à l’arrivée où, comme en 2007, la Ferrari du vainqueur a franchi la ligne avec près de trente secondes d’avance sur la première voiture n’arborant pas l’emblème du cheval cabré, la Toyota du valeureux Jarno Trulli remplaçant cette fois la McLaren Mercedes de Lewis Hamilton. Et il est où celui-là ? Qu’est ce qu’il est devenu le nouveau « pestiféré » de la F1 ? Dixième, mesdames messieurs. Seulement dixième en partant de la treizième place sur la grille. Rien de transcendant sur le papier et surtout loin du pari formulé avant la course de viser un podium. Voire ! L’Anglais qui avait gagné trois places dès le premier tour taillait la route dans le peloton avec une prise de risques maximum lorsqu’un écart à l’une des chicanes allait lui attirer de nouveau les foudres des commissaires. Bien que le pilote McLaren n’ait pas gagné de place, il écopait d’un passage au stand qui se traduit à Magny Cours par la perte de 20 à trente secondes entre la décélération, la longueur de la pit lane à 80km/h et la ré accélération. Un petit coup d’œil au classement de la course qui voit Lewis terminer à 54 secondes de Massa permet de se convaincre qu’Hamilton pouvait bel et bien gagner ce pari un peu fou d’accrocher la troisième place derrière les Ferrari.

Vivement Silverstone !

« Bien fait pour lui », diront ses détracteurs et on les encourage à se régaler de cette nouvelle mésaventure qui ne devrait pas être la dernière pour…les pilotes McLaren. Car n’en doutez pas, l’écurie anglo-allemande reste dans le collimateur de l’autorité sportive. A Magny Cours, le « gentil » Kovalainen, au sens propre comme au sens figuré rapport au « méchant » et arrogant Hamilton, s’est aussi pris cinq places de pénalité sur la grille pour avoir gêné Mark Webber lors des qualifs, ce qui ne l’a pas empêché de terminer au pied du podium et d’empocher les cinq points de la quatrième place. Si l’un ou l’autre des pilotes McLaren avaient effectué la belle, mais très risquée, manœuvre de défense dont Jarno nous a gratifiés en résistant au dépassement de Kova dans l’avant-dernier tour, sans doute auraient-ils eu droit au drapeau noir ! Celui que les commissaires auraient pu passer à Kimi en regard de son échappement baladeur présentant un risque létal pour les autres pilotes. Bien content qu’ils ne l’aient pas fait pour la beauté du sport et pour les chances de Raikkonen au championnat, mais c’est dans les textes. Heureusement, Kimi a cette fois pour lui qu’il ne pilote plus une McLaren ! Vivement Silverstone !

José Carron