Le Conseil mondial de la FIA qui s’est réuni mercredi à Paris n’a finalement pas été le théâtre de la déclaration de guerre à laquelle on pouvait s’attendre entre le président Max Mosley et Bernie Ecclestone, le grand argentier de la F1. Sauf qu’à y regarder de plus près c’est bel et bien une partie d’échec qui s’engage entre les amis d’hier et les ennemis d’aujourd’hui. Affaibli par le scandale qui a sérieusement terni son image et entamé sa crédibilité. Max Mosley tente de reprendre l’initiative sur fond de renégociation des Accords de la Concorde qui régissent le fonctionnement de la formule reine du sport automobile. Il aurait pu choisir l’attaque frontale mais connaissant particulièrement bien son adversaire, le président de la FIA a finalement opté pour une stratégie plus soft en avançant les premiers pions dans l’espoir de contraindre Bernie Ecclestone à agir de même. Pas sûr qu’il parvienne à ses fins, mais les propositions avancées hier montrent que Mosley et la FIA disposent de quelques pièces maîtresses susceptibles de leur éviter un cinglant échec et…Max !

De vrais grands prix dignes de ce nom
La première d’entre elles concerne la renaissance de la Formule 2. A première vue l’idée est très séduisante pour ceux qui ont connu l’âge d’or de cette discipline qui n’était autre qu’une F1 bis avec des monoplaces moins puissantes et plus agiles mais qui présentait l’avantage de permettre l’organisation de véritables grands prix dignes de ce nom où les stars de la F1 ne rechignaient pas à se mesurer aux étoiles montantes. Le Grand Prix de Pau en constituait chaque année le point d’orgue et vous êtes sans doute quelques-uns à vous souvenir des exploits de Jochen Rindt, Ronnie Peterson ou Mike Hailwood grimpant allègrement les trottoirs de la cité paloise. Le Français Jean Pierre Jarier, qui pilotait pour la toute jeune écurie March…de Max Mosley (1973) en fut l’un des grands animateurs, mais la F2 se rappelle aussi tristement au souvenir de tous pour avoir emporté Jim Clark un sombre dimanche d’avril 1968 à Hockenheim. F1 et F2 quoi de plus logique mais la logique du Max Mosley d’aujourd’hui est aussi de torpiller l’actuelle GP2 Series, propriété de CVC Partners, ceux là même qui détiennent les droits commerciaux de la F1 et que co-dirigent Flavio Briatore et Bernie Ecclestone !

Ultimatum
Selon la FIA, la nouvelle F2 serait trois à quatre fois moins chère que l’actuelle GP 2 où se bousculent de jeunes pilotes souvent plus riches de leur portefeuille que de leur talent, ce qui la rendrait plus accessible et plus « démocratique ». Reste à concevoir les monoplaces dans un délai de 6 mois, ce qui semble à première vue impossible dans une perspective de démarrage dès 2009. L’autre pion avancé par Max Mosley peut paraître anodin, mais il est en fait une sorte d’échec au roi difficile à contrecarrer. Les écuries de F1 qui souhaitent disputer le championnat du monde 2009 doivent en effet s’inscrire entre les 1er et 31 juillet prochains ! Les velléités d’un championnat dissident sans la FIA paraissent bien minces avec cette décision qui s’apparente à une sorte d’ultimatum. Hier soir Bernie Ecclestone n’avait pas encore réagi, mais on ne perd sans doute rien pour attendre !

José Carron