Le pilote de la Scuderia balaie d’un revers de main les critiques, acceptant la responsabilité pour sa figure du premier tour du grand prix de Grande-Bretagne mais rejetant la faute sur l’écurie pour les quatre autres. « Le premier tête-à-queue est entièrement de ma faute, mais ensuite je me suis à chaque fois retrouvé avec les mauvais pneus pour les conditions de piste du moment », commente Felipe qui avait ausi déclaré dimanche ne pas avoir été en mesure de maintenir sa voiture sur la piste, « même en ligne droite » !



Ferrari-06



Pas sûr que cette manière d’ouvrir le parapluie soit bien perçue du côté de Maranello où Luca di Montezemolo a aussi manifesté vertement sa manière de voir les choses en intimant l’ordre à la Scuderia de ne plus commettre les erreurs qui ont conduit au naufrage de Silverstone. A la décharge de Massa, ce n’est pas la première fois que Ferrari se mélange les pédales par mauvais temps. L’exemple le plus récent remonte au grand prix du Japon 2007, lui aussi couru sous le déluge. Ce jour-là, alors que le départ de la course fut donné sous « safety car » tellement il pleuvait, les deux monoplaces rouges avaient chaussé des gommes ne correspondant pas aux conditions d’adhérence, contrairement à toutes les autres équipes, alors même que les instructions formelles des commissaires de la FIA imposaient d’utiliser les pneus « extreme wet » (« pluie extrême »).

Durant dix-neuf tours parcourus derrière la voiture de sécurité, tant Felipe Massa que Kimi Raikkonen avaient éprouvé les pires difficultés à maintenir leurs monoplaces sur la piste malgré la faible vitesse. En revanche d’aucuns se souviennent qu’au grand prix de Hongrie 2006, Felipe, qui avait réalisé le deuxième temps des qualifs, était parti à la faute dans le tour de formation sur une piste détrempée. Ce qui ne doit pas occulter le fait qu’il vient récemment de terminer troisième d’un pluvieux grand prix de Monaco…

« Nous avons fait tellement d’erreurs à Silverstone… On le sait et nous travaillons depuis pour faire en sorte de ne pas les répéter », se rassure le Brésilien. « Le championnat est ouvert. Nous sommes toujours devant au classement constructeurs. Il n’y a pas de soucis à se faire pour le moment ». Voire. La seconde demi-saison va maintenant se dérouler à toute vitesse, sans temps mort, et si Massa veut pouvoir défendre ses chances pour le titre, il sait qu’il va autant lui falloir se débarrasser… de Kimi que battre Lewis Hamilton et sa McLaren Mercedes. La Scuderia est-elle prête à ouvrir la voie à un pilote qui vient de terminer dernier d’un grand prix avec une voiture que l’on considère toujours comme la meilleure du plateau ? Kimi Raikkonen n’est-il pas le meilleur choix lui qui, victime des mêmes erreurs stratégiques à Silverstone, est tout de même parvenu à rentrer au port avec quelques points ? « Il n’y a pas de souci à se faire », se convainc Felipe. Sauf à chausser les bottes de sept lieues dès le grand prix d’Allemagne à Hockenheim pour remporter une quatrième victoire, il risque pourtant bien de « faire de l’huile » . Ne serait-ce que pour conserver un volant qu’ils sont plusieurs à lui envier. Et non des moindres…



José Carron