Beaucoup se demandent si le petit Brésilien qui n’avait pas confirmé tous les espoirs placés en lui du temps de son passage chez Sauber peut réellement prétendre à la couronne mondiale, tant il est vrai que disposer de la meilleure monoplace du plateau ne semble pas être pour lui une condition suffisante.



Ferrari-06



Massa affronte la course d’Hockenheim avec la même pression qui pouvait être celle d’Hamilton avant Silverstone en jouant sa saison à quitte ou double. Son statut de « chouchou » de la Scuderia ne suffira plus pour contrebalancer les doutes sur son adaptation à la conduite d’une monoplace sans aides électroniques ou sur sa réputation de ne gagner que lorsqu’il parvient à faire la pole en partant devant. Lui qui pensait avoir pris l’ascendant sur un Raikkonen faussement dilettante à l’amorce de la seconde demi-saison va devoir tout reprendre à zéro et il n’est pas sûr que les récentes déclarations de Michael Schumacher lui procurent le surcroît de confiance que le septuple champion du monde pensait pouvoir lui apporter.

Dans une interview accordée au journal suisse allemand Blick, Schumi se glisse dans la peau d’un brave Saint Bernard en révélant qu’il avait arrêté sa carrière en 2006 « pour que son ami Felipe Massa ne se retrouve pas au chômage (!). «Je n’envisageais pas le moindre problème à devoir me mesurer avec Raikkonen », poursuit Michael qui tord ainsi le cou à l’idée répandue selon laquelle il aurait raccroché son casque pour ne pas avoir affronter le Finlandais au sein de la même écurie, abandonnant ainsi le statut de pilote numéro 1 qu’il avait toujours réussi à imposer à la Scuderia.

Si ces propos sont supposés regonfler l’amour-propre de Felipe, c’est plutôt raté. C’est même plutôt l’inverse qui risque de se produire en renforçant l’image d’un Massa pilote protégé qui ne doit la chance de piloter une Ferrari que par la grâce de ses connections avec la famille Todt, Jean mais aussi Nicolas, le fils, devenu son agent.

Après la déculottée subie à Silverstone, la Scuderia n’arrive pas en Allemagne dans les meilleures conditions et ces propos, sujets à polémique, ne vont pas dans le sens de l’apaisement des esprits. Luca di Montezemolo qui ne s’est pas gêné pour faire connaître son sentiment et fixer les nouvelles directives suite au fiasco anglais, attend de ses troupes qu’elles reprennent la main. A-t-il désigné Kimi Raikkonen comme seul leader de la Scuderia comme il avait imposé la venue du Finlandais dès 2007 contre l’avis de Jean Todt qui privilégiait le statu quo avec Schumi une année supplémentaire ? Cela va être intéressant à suivre d’autant qu’à Hockenheim, Michael devrait reprendre du service sur le muret des stands dans son rôle de consultant très spécial dont Kimi… n’a strictement rien à foutre !


José Carron