Et alors que Red Bull a officialisé son arrivée aux côtés de Mark Webber pour remplacer « papy » Coulthard la veille du grand prix d’Allemagne, Sebastian Vettel s’est immédiatement vu conférer le statut de star autour du stadium d’Hockenheim. Même Schumi, pourtant réapparu sur le muret des stands devant les boxes des deux Ferrari, a pu ressentir le changement d’époque qui est en train de s’opérer pour tous les fans allemands de la discipline reine du sport automobile.



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Mais alors que la planète F1 voit davantage en Lewis Hamilton le « successeur » du septuple champion du monde, que vaut vraiment ce gamin de 21 ans au visage d’adolescent ? C’est l’une des questions que se posent les gazettes, sans être certaines de pouvoir y apporter une réponse définitive. Pour les uns Vettel est un « phénomène » dont le talent et la vélocité font immédiatement penser à Michael Schumacher. Pour les autres le jeune Allemand a encore beaucoup de choses à prouver avant de pouvoir revendiquer une telle « paternité ». Il va de soi que sur ce blog, votre avis nous intéresse. Ses belles performances au volant de la modeste Toro Rosso à l’instar de celles que réalisait Fernando Alonso du temps où cette écurie s’appelait encore Minardi, prouvent-elles que Vettel a déjà l’étoffe d’un futur champion du monde ? Est-il tellement plus rapide et meilleur pilote que le chevronné Sébastien Bourdais ou jouit-il au sein de l’équipe de Faenza d’un net traitement de faveur par rapport au Français ? N’est-il pas arrivé trop vite, trop tôt ? Devra-t-il attendre cent grands prix avant de monter sur la plus haute marche du podium comme avant lui Jenson Button autre pilote qui a débarqué en F1 juste après avoir souffler ses vingt bougies ?

Ceux qui le portent aux nues rappellent à juste titre ses performances au volant de la BMW Sauber dès le grand prix de Turquie 2006 en tant que pilote du vendredi. Très souvent au sommet de la feuille des temps dans cet exercice particulier où s’était distingué avant lui Robert Kubica, Vettel disposait alors d’une monoplace ultra-légère équipée d’un train de pneus « qualifs » et d’un moteur pouvant accrocher un bon millier de tours de plus que ceux de ses coéquipiers qui se devaient de ménager leur V8 pour le restant du week-end et parfois la course suivante. Les observateurs les plus perspicaces font d’ailleurs remarquer que lors des essais du vendredi, le Polonais s’était montré encore plus impressionnant, de l’ordre d’une demi-seconde. Les pro-Vettel arguent aussi de ses 18 victoires sur vingt courses lors de sa conquête du titre de champion allemand de Formule BMW, mais Sebastian s’est montré moins dominateur l’année suivante dans le championnat F3 Euroseries en étant souvent en retrait par rapport au vainqueur 2006, l’Ecossais Paul di Resta. Enfin Mark Hughes d’Autosport, qui ne partage pas l’enthousiasme général que suscite Sebastian Vettel, note que fin 2007, il n’y avait pas grande différence entre lui et l’Italien Vitantonio Liuzzi. « Tout le monde a applaudi ses performances sous la pluie au Japon (leader durant trois tours avant son abandon) et en Chine où il avait amené la Toro Rosso à la quatrième place, mais à Shanghai, Liuzzi avait terminé sixième au volant de la même voiture…réglée pour le sec », se remémore le journaliste anglais, sans pour autant considérer que Vettel n’a pas le potentiel pour réussir. Mais entre réussir et devenir le nouveau Schumi, comme en rêvent les Allemands, il y a de la marge…


José Carron