Et Lewis Hamilton, taquin, d’en rajouter en faisant observer au petit Brésilien que, «sans une petite erreur dans le deuxième secteur », il aurait pu encore grignoter un ou deux dixièmes supplémentaires. Massa, qui reste tout de même le plus rapide la journée avec le meilleur temps de la Q2, n’a pas dit son dernier mot pour la course, mais pour nombre d’observateurs, l’affaire semble pliée d’avance pour des McLaren Mercedes qui confirment le regain de forme déjà apparu à Silverstone et Hockenheim. Cela paraît tellement évident que Felipe ne semble même pas trouver un certain réconfort dans la nouvelle et inquiétante contre performance de Kimi Raikkonen qui lui assure, à Budapest, le leadership de la Scuderia.



Ferrari-06



Magny-Cours et l’imparable doublé signé en terre nivernaise par les voitures italiennes, semble décidément très loin. Et si les Ferrari ne paraissent pas moins efficaces que lors de la première moitié du championnat, ce sont bien les McLaren qui ont davantage progressé, comme le confirment l’aisance d’Hamilton au volant de la numéro 22 et l’efficacité d’Heikki Kovalainen au volant de la numéro 23. Est-ce le simple effet des nouvelles cornes qu’arbore à Budapest le nez des monoplaces anglo- allemandes ? Lewis trouvent qu’elles apportent plus de stabilité à sa voiture et on serait tenté de le croire au vu des résultats des essais et des qualifs. Ses « cornes » apparues pour la première fois sur les BMW Sauber et, sous une forme nettement moins efficace, sur les Honda, ont seulement été testées par McLaren lors des essais de Jerez, la semaine dernière. Leur utilisation en Hongrie est la preuve de la détermination avec laquelle l’écurie de Woking aborde la fin de saison puisque pour être en mesure d’équiper ses voitures de la sorte sur l’Hungaroring, elle a dû refaire passer un châssis au crash test dans un laps extrêmement court. « Faites les préparer et faites faire le test quel qu’en soit le coût », aurait signifié Ron Dennis à ses troupes pour être sûr de pouvoir en disposer en Hongrie.

Chez Ferrari en revanche, on semble davantage sur la défensive si l’on excepte l’apparition de l’aileron de requin façon Red Bull, Renault et Force India, qui n’apporterait rien de tangible selon Massa. Il va pourtant falloir que la Scuderia se remue comme l’a déjà fait savoir le big boss Luca di Montezemolo en tapant du poing sur la table après la débâcle des grands prix d’Angleterre et d’Allemagne. Il faudra aussi qu’elle choisisse rapidement lequel de ses deux pilotes doit relever le gant du fier Hamilton. Ce qui nous ramène à Kimi. Comment ne pas commencer à croire ceux qui pensent que le champion du monde en titre semble moins motivé ? Le Finlandais a sans doute commis une erreur aux qualifs comme il le dit, mais voilà trop longtemps qu’il se laisse régulièrement dominer par Felipe Massa. Raikkonen, quoi qu’on en pense, reste la meilleure chance de Ferrari pour contrer Hamilton. Il l’a magnifiquement prouvé en 2007 mais encore faut-il que son sort au sein de la Scuderia ne soit pas déjà réglé. Qu’il s’agisse de cette fin de championnat ou de 2009. En partant de la troisième ligne, la course de Kimi risque bien de ne pas être un fleuve aussi tranquille que le Danube mais le Finlandais serait bien avisé de prouver qu’il est en mesure de remonter le courant.


José Carron