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Deux points pour la pole et puis c’est tout. Romain Grosjean a sans doute définitivement perdu le titre GP2 Series qu’il ambitionnait de conquérir aussi facilement que le championnat Asie disputé au cours de l’hiver. Auteur d’un départ catastrophique en Hongrie, le Franco Genevois a ruiné ses ultimes chances de revenir sur le leader Giorgio Pantano avec lequel il allait avoir un accrochage dûment sanctionné par les commissaires. Le voilà bien loin de la marche triomphale qu’il pouvait légitimement envisager au volant de l’une des monoplaces réputée parmi les mieux préparées du plateau. Il lui reste Valence, Spa et Monza pour réussir quelques coups d’éclat et sauver de la sorte une saison bien terne qui ne l’a pour l’instant vu gagner qu’une seule course contre déjà deux à son grand rival et « voisin de palier » Sébastien Buemi, brillant et net vainqueur de la course sprint disputée dimanche matin sur la piste de l’Hungaroring.

Rapide, talentueux, Romain s’illustre de manière plus discrète aux commandes de la Renault R28 de F1, comme il y a quinze jours à Jerez, mais son côté « immature » relevé par de nombreux observateurs pourrait lui jouer des tours pour décrocher un volant en F1. Hormis l’écurie franco-anglaise dont il est actuellement le quatrième pilote derrière Lucas di Grassi, vainqueur samedi en Hongrie, son nom ne circule pas, ou plus, pour l’un des baquets susceptibles de se retrouver vaquant d’ici la fin 2008. A lui de se prendre en main et de convaincre le paddock de F1 qu’il reste bien le meilleur espoir français pour rejoindre l’élite.



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Sébastien Buemi qui n’avait pas tous les atouts dans sa manche en roulant chez Arden paraît aujourd’hui mieux placé de par ses connections avec Red Bull, les essais F1 très positifs qu’il effectue depuis plus d’un an pour le compte de Red Bull Renault et le caractère tout aussi bien trempé mais beaucoup plus souple dont il fait preuve avec les gens qui seront bientôt amenés à statuer sur son sort. Le Vaudois a aussi été largement mis à contribution pour le développement du simulateur Red Bull dans les locaux de Milton Keynes, grosso modo le même que McLaren, et cela aussi devrait lui valoir un juste retour d’ascenseur.

Gerhard Berger et Franz Tost tiennent Sébastien en très haute estime et manquent rarement une occasion de citer son nom lorsqu’ils évoquent la future composition de l’écurie Toro Rosso. Bien sûr, si Sébastien Bourdais est reconduit, ce volant pourrait échoir à Bruno Senna, actuellement deuxième du GP2 et auteur de deux superbes et convaincantes victoires à Monaco et Silverstone, mais rien n’est encore fait. Le neveu d’Ayrton entraîne avec lui plusieurs sponsors dont le moindre n’est pas Santander qui ne verrait pas d’un très bon œil son arrivée en F1 chez Toro Rosso. Question de prestige sans doute tant l’ex-écurie Minardi, malgré une belle progression dans l’ombre de Red Bull, ne jouit pas d’une réputation à la hauteur de celle que souhaiterait la banque espagnole pour son protégé. Du coup Bruno et son célèbre patronyme sont actuellement associés avec Williams, ce qui ne serait pas pour déplaire à son sponsor brésilien Petrobras, mais aussi avec BMW et Toyota dans un rôle de troisième pilote en vue d’un contrat pour la saison 2010. Même Honda parti à la chasse de Fernando Alonso, dit avoir le neveu d’Ayrton « sur ses radars ».

Pour l’instant Bruno Senna ne veut pas brusquer les choses. « Je pense qu’il serait mieux pour moi d’accepter un volant de titulaire. J’ai encore beaucoup à apprendre, ne serait-ce qu’en qualifications, mon point faible, et un poste de pilote essayeur ne permettrait pas forcément de travailler cet aspect du pilotage si important en F1 », fait observer modestement le jeune Brésilien. Lequel veut aussi jouer sa carte en GP 2 où il reste le seul véritable challenger de Giorgio Pantano, grand favori pour le titre 2008 à moins d’un improbable effondrement du « vétéran » italien. A 29 ans, le pilote de l’écurie espagnole Racing Engineering ne va tout de même pas gâcher l’ultime chance qui lui reste de « réintégrer » la F1 qu’il a connue en tant que titulaire chez Jordan et pilote essayeur chez Benetton, Williams et McLaren !


José Carron