Ah les ravitaillements ! Ils ont assuré le spectacle du dernier grand prix de Hongrie avec pas moins de trois débuts d’incendie sur la Honda de Rubens Barrichello, la Williams Toyota de Kazuki Nakjima et la Toro Rosso de Sébastien Bourdais. C’est sur la monoplace du Français que le problème a semblé le plus grave, nécessitant l’usage d’un extincteur pour éteindre les flammes lors du premier arrêt et d’un arrosage préventif au moment du second. Mais c’est un autre ravitaillement, impeccable celui-là, qui suscite quelques questions dans le clan Renault. Au 51ème des 70 tours de course, Fernando Alonso, qui repoussait magnifiquement les attaques de la Ferrari de Kimi Raikkonen, repasse à la pompe, chausse des pneus tendres et s’arrête pour exactement sept secondes et deux dixièmes. Le Finlandais poursuit sa route et s’arrête au tour suivant (52ème) pour quelques dizaines de litres et un train de pneus tendres. Nous n’avons pas retrouvé le temps exact de son immobilisation, mais elle fut effectivement très rapide. En toute logique, les deux pilotes suivant apparemment la même stratégie de course, le champion du monde en titre aurait dû rejoindre la piste derrière Alonso.



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Au lieu de cela, Kimi est ressorti de l’allée des stands au nez et à la barbe de la Renault pour avoir la voie enfin libre et fondre sur la Toyota de Timo Glock en enfilant les records du tour. Que s’est-il donc passé ? Sous son casque Alonso s’interroge et à la fin de la course demande des explications que les responsables de Renault sont bien incapables de lui fournir, eux-mêmes étonnés de la tournure des événements qui ont privé l’Espagnol d’un nouveau podium après celui de Nelson Piquet Junior à Hockenheim.

Il semble que même Kimi ait été surpris avant de profiter de l’aubaine. « Je ne sais pas comment ils ont fait, mais on va quand même étudier les datas avec précision pour voir s’ils (Ferrari) n’auraient pas trouvé quelque chose qui leur permet de ravitailler plus rapidement », a commenté le double champion du monde dans une interview accordée au quotidien sportif espagnol AS.

Juste avant de rentrer au stand (50ème) Kimi avait aussi failli perdre le contrôle de sa monoplace dans le virage numéro 2 avant de la rattraper avec dextérité mais sans pouvoir éviter une courte excursion hors de la piste qui lui a au moins coûté quelques dixièmes. Personne n’accuse la Scuderia de « tricherie », mais dans le climat habituel de suspicion qui règne en F1, il sera intéressant de suivre l’évolution de l’affaire qui n’en est peut-être pas une. Une première explication pourrait résider dans le fait que la Ferrari n’était pas à sec lors de son deuxième arrêt. Kimi a en tout cas dû mettre le minimum comme en témoignent les records du tour qu’il a ensuite aligné avec facilité.

Autre question, est-ce que les ordres venus du stand pour qu’il ralentisse et renonce à attaquer à Glock sont liés à la casse moteur qui a stoppé Massa dans son élan victorieux ou peuvent-ils être mis sur le compte d’une éventuelle panne d’essence ? Officiellement chez Ferrari on s’est aperçu d’un problème à l’arrière de la Ferrari de Kimi et c’est la raison pour laquelle le stand lui a demandé de ralentir et d’assurer la troisième place. Celle-là même que convoitait Fernando Alonso !



José Carron