Champion du monde dès sa première année au sein d’une Scuderia toujours « orpheline » de Michael Schumacher, Kimi a parfaitement rempli son contrat et confirmé les espoirs que plaçait en lui Luca di Montezemolo, le grand patron de Ferrari. Pourtant alors que se profile déjà la dernière ligne droite du championnat 2008, le doute s’installe. Kimi reste-t-il suffisamment motivé pour défendre son titre ? Son insistance à répéter lors des interviews qu’ « il y a une vie en dehors de la F1 » et les rumeurs persistantes qui le voient annoncer son retrait dès la fin de l’année ne contribuent pas à dissiper les interrogations le concernant. N’a-t-il pas déjà perdu le combat interne la Scuderia où, pour pouvoir prétendre à une deuxième couronne mondiale, il lui faut définitivement prendre l’ascendant sur Felipe Massa ?



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Sur ce plan-là, et malgré le fait que Kimi a repris l’avantage en Hongrie suite à la mésaventure du petit Brésilien, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Notamment dans l’exercice des qualifications qui revêtent aujourd’hui tellement d’importance. Face à Michael Schumacher, Felipe n’avait pas pesé très lourd en étant battu quatorze fois sur dix-huit en 2006. Contre Kimi l’année suivante, il s’est en revanche beaucoup mieux défendu puisqu’il a été neuf fois le pilote le plus rapide de la Scuderia, Raikkonen ne s’octroyant ce privilège que huit fois. Sans que cela ne l’empêche, c’est vrai, de conquérir son premier titre au Brésil. Cette année, le Finlandais ne fait pas mieux en qualifications avec seulement deux poles contre trois à Massa avant le grand prix d’Europe qui sera disputé sur le circuit « semi urbain » de Valence. Lui-même reconnaît volontiers que les qualifs constituent actuellement son point faible et qu’il peine à définir les bons réglages avec ses ingénieurs. Avec deux départs depuis la sixième position (troisième ligne) en Allemagne et en Hongrie, Kimi aurait du mal à dissimuler le problème même si, en course, il prouve qu’il reste toujours un formidable combattant.

Mais, encore une fois, le doute s’installe. Chez Ferrari où les résultats actuels sont nettement en dessous des espoirs placés dans un pilote qui est aujourd’hui le mieux payé du plateau. Mais aussi au sein du paddock où nombreux sont ceux qui croient pouvoir déceler dans l’attitude et les résultats du Finlandais un glissement entre le dilettantisme qui le caractérise le mieux et un certain désabusement. Chacun sait que Kimi s’accommode mal des contraintes extra-sportives auxquelles doit se soumettre un pilote de F1, mais serait-il déjà lassé au point de laisser filer la chance d’une seconde couronne mondiale ? Face à cette situation dont Kimi reste le seul à pouvoir infléchir la tendance, d’aucuns n’hésitent pas émettre quelques doutes sur les réelles qualités du Finlandais. Martin Whitmarsh, le boss de McLaren se souvient par exemple que « le talent de Raikkonen pouvait se révéler certains jours de manière évidente mais qu’en d’autres occasions, le « génie » dont il pouvait faire preuve se manifestait beaucoup moins… » Sous entendu, sans que la voiture ne soit pour quelque chose dans cette soudaine baisse de régime. Dimanche, Kimi sera-t-il aussi « perdu » dans les « rues » de Valence qu’il ne l’avait été en mai dans celles de Monaco ou sera-t-il le Raikkonen conquérant lancé à la poursuite d’Hamilton sous la pluie battante de Silverstone ? Votre avis nous intéresse !


José Carron