L’Espagne est un pays formidable qui bénéficie de surcroît de deux grands prix de F1 comme il y a peu l’Italie et l’Allemagne et ce privilège valait bien hier la déconvenue des quelque 115 milles spectateurs venus soutenir un Fernando Alonso contraint à l’abandon dès le premier tour du grand prix d’Europe.



Course-06



La course, la première sur ce tracé semi urbain aménagé autour du bassin construit spécialement pour les concurrents de la Coupe de l’America, ne restera pas dans la légende. Aucun dépassement sur la piste et même pas une voiture de sécurité pour venir pimenter le déroulement des événements qui se sont achevés par un podium identique à celui qui avait sanctionné la veille l’épreuve des qualifications. Felipe Massa sur sa Ferrari a pris le meilleur départ face à un Lewis Hamilton contraint de partir sur la partie sale de la piste et qui dût s’employer ferme pour repousser les assauts de Robert Kubica dans les trois premiers virages. Les trois hommes terminent dans cet ordre et d’un strict point de vue sportif, ce fut l’unique moment de tension d’une course aussi limpide que les eaux bleues de la Méditerranée qui baignent un grand prix d’Europe dont le contrat court sur sept ans. Espérons que les prochaines éditions soient plus palpitantes.

En l’emportant à Valence pour la neuvième fois de sa carrière et la quatrième fois cette saison, le petit Brésilien a repris le dessus sur Kimi Raikkonen au championnat et la manière dont il a su préserver l’avantage acquis aux qualifications confirme l’ascendant qu’il prend régulièrement sur le champion du monde finlandais au fil des courses. Pauvre Kimi qui a vu Felipe mettre les voiles alors que lui a du jeter l’ancre victime d’une panne moteur apparemment identique à celle qui avait privé la victoire de Massa à Budapest. Heureuse d’avoir repris un léger avantage sur des McLaren triomphantes en début d’été, la Scuderia ne peut toutefois être complètement satisfaite du week-end espagnol. D’abord parce qu’elle s’est montrée brouillonne lors du second ravitaillement de Raikkonen au cours duquel un de ses mécaniciens a été blessé, mais aussi parce que cette seconde casse moteur en deux courses permet de s’interroger sur la fiabilité de la Rossa. Et de la fiabilité il en faudra pour battre un Lewis Hamilton qui ajoute à son talent naturel l’art de gérer les courses. Déçu, Lewis l’était à l’issue des cinquante-sept tours durant lesquels il n’a jamais été en mesure de suivre le rythme de Massa qui s’est échappé à coup de dixièmes de secondes, notamment lors d’un troisième relais étincelant que la mésaventure de Raikkonen n’a pas altéré. Hamilton qui reste en tête du championnat avec six points d’avance, et Massa ont en tout cas littéralement survolé ce grand prix reléguant le vaillant troisième, Robert Kubica et sa BMW Sauber, à plus de trente secondes. Autant dire un gouffre qu’il sera difficile de combler d’ici la fin de saison alors que les écuries travaillent déjà d’arrache-pied sur les monoplaces de 2009 au détriment des voitures actuelles. Pour le reste la sixième place de Vettel confirme les progrès de la Toro Rosso entrevus aux essais et aux qualifs mais d’aucuns s’attendaient à encore mieux de la part du jeune prodige allemand. A Spa Francorchamps peut-être. Coté constructeurs Ferrari reste en tête tandis que Toyota confirme sa progression pour devancer Renault de 10 points. « C’est un week-end a oublier mais notre objectif reste de terminer quatrième u classement des constructeurs », a déclaré un Flavio Briatore dépité pour ne pas dire désabusé. L’affaire n’est pas dans la poche, l’écurie franco-anglaise devant aussi convaincre Fernando Alonso de ne pas perdre patience.


Valencia/José Carron