Vainqueur en Espagne, Kimi Raikkonen pouvait tranquillement envisager un second titre mondial tandis que Felipe Massa, dont le début de saison avait été mi-figue mi-raisin, avec de précieux points perdus en Australie et en Malaisie, ne possédait qu’une idée en tête : reprendre le dessus sur Raikkonen, seul obstacle le séparant d’une couronne mondiale dont il estime qu’elle lui revient de droit après les sacrifices consentis en 2007.
Les qualifications du grand prix de Belgique, treizième épreuve de la saison, illustrent on ne peut mieux la justesse d’un pronostic formulé alors même que le talent du jeune Anglais ne faisait pas encore l’unanimité, certains continuant même à se persuader que Lewis était « incapable » de régler sa monoplace correctement en l’absence de Fernando Alonso.



McLaren-06



Depuis, il y a eu Monaco, puis la démonstration de Silverstone mais la pole obtenue hier sur le circuit de Spa Francorchamps et son tracé « juge de paix » restera sans doute l’un des moments les plus forts de la saison d’Hamilton. Massa pensait avoir fait le nécessaire, Kovalainen, auteur du meilleur temps de la Q2, voulait se saisir de l’occasion pour montrer combien les enchaînements rapides de la piste ardennaise convenaient à son style de pilotage et que, de ce point de vue, il n’a rien à envier à son compatriote Kimi Raikkonen, triple vainqueur de l’épreuve. Si le champion du monde 2007 a une nouvelle fois déçu, malgré un quatrième temps et une deuxième ligne qui n’entament pourtant en rien ses chances pour la course, Felipe et Heikki ont affiché leurs ambitions derrière un Lewis qui a confirmé les siennes.

Pas la moindre petite erreur tout au long des sept kilomètres et le meilleur temps dans chacun des trois secteurs chronométrés pour la onzième pole position de sa carrière qui augure bien de ses chances pour la course. « J’ai fait un excellent tour, voire même un tour parfait, mais ce n’était pas suffisant pour la pole », a commenté Massa qui poursuit « s’il pleut, le course risque de se transformer en loterie ». Le petit Brésilien, qui s’est fâché tout rouge lorsqu’un journaliste lui a fait remarquer qu’il n’avait jamais encore gagné un grand prix sous la pluie, ne souhaite visiblement pas une course sur une piste détrempée.

Ses adversaires non plus sans doute mais, à Francorchamps, le temps gris et pluvieux fait souvent partie du décor. Dans leur traditionnelle robe grise, les McLaren Mercedes paraissent les mieux armées pour se fondre dans ce même décor et disparaître dans le lointain. Ce que les Ferrari devront absolument empêcher pour ne pas avoir à se présenter rouge…de honte devant les tifosi dans une semaine à Monza.


José Carron