Un épisode qui a grandement contribué à la légende de la course comme le fera sans doute celui qui a opposé hier à Spa Francorchamps deux des trois meilleurs pilotes actuels, Lewis Hamilton et Kimi Raikkonen. Et n’en déplaise aux commissaires sportifs qui crurent bon de placer ce grand moment « sous investigation » et de priver l’Anglais de la victoire, la course automobile c’est aussi cela. Surtout cela d’ailleurs.



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Et l’on n’a pas été surpris de constater, après l’avoir maintes fois annoncé, voire souhaité, que c’est sur un circuit comme le tracé ardennais que la compétition peut atteindre une telle intensité et non sur des tourniquets de fête foraine installés à la va vite comme à Valencia. Certes, la complicité de quelques gouttes de pluie, qui se sont transformées en larmes pour Kimi Raikkonen et Sébastien Bourdais, les deux gros perdants de la journée, a sans doute contribué à écrire ce scénario incroyable, mais c’est presque toujours dans des conditions difficiles que s’écrivent les plus belles pages de la légende de la course. Il n’est d’ailleurs pas dit que le final de ce grand prix de Belgique n’ait pas été aussi haletant sur piste sèche, Lewis Hamilton et sa McLaren Mercedes étant parvenus à recoller à la Ferrari de Raikkonen avant l’ondée.

Pauvre Kimi, qui s’en remettra d’ici Monza, mais quelle guigne pour le Finlandais qui s’était jusque-là montré digne de son titre de roi des Ardennes après trois victoires consécutives en 2004, 2005 et 2007. Raikkonen a montré hier qu’il n’avait rien perdu de sa vélocité ni de sa hargne dans le combat rapproché. « Pour moi c’était tout ou rien. Il me fallait la victoire, mais je suis malheureusement sorti. J’ai glissé au large dans le « gauche » très rapide et c’est en tentant de revenir sur la piste que j’ai perdu la voiture et que je suis parti en tête-à-queue avant de heurter le mur ». a calmement expliqué le champion du monde qui a certainement perdu sa couronne mondiale dans l’aventure. Triste constat au terme d’une course qu’il avait dominée de toute sa classe, notamment en prenant le meilleur sur Hamilton dès les premiers virages et en imprimant un rythme que seul l’Anglais fut capable de suivre. Son coéquipier, Felipe Massa, qui hérite définitivement du rôle de premier pilote pour les cinq dernières courses n’a pu qu’observer de loin les événements avant d’accueillir la pluie comme une bénédiction ! Une fois n’est pas coutume !

Une victoire ou même une seconde place de Kimi aurait sans doute créé plus de problèmes à la Scuderia qu’elle n’aurait fait couler de champagne à Maranello. Raikkonen, qui a déjà compris tout cela, déclare qu’il se battra pour les victoires d’ici le grand prix du Brésil, sans trop se préoccuper du sort de Massa. « Que Felipe soit champion ou pas, cela dépend maintenant de lui. Je ferais de mon mieux en fonction des situations, mais je vais essayer de gagner des courses et voir comment les choses se passent », ajoute un Raikkonen un rien dépité. Massa lui, n’affichait pas la mine renfrognée des mauvais jours. Sa course « sage » et son extrême prudence sous l’averse lui permet de devenir enfin le seul et unique adversaire de Lewis Hamilton pour le titre.

Et puis, s’il ne peut pas vraiment compter sur Raikkonen dans la quête du Graal, il peut amplement faire confiance aux commissaires sportifs qui l’ont "épargné" à Valence en lui infligeant 5000 dollars d’amende pour une faute dans l’allée des stands qui avait en son temps coûté 10 secondes de pénalité à Ralf Schumacher et lui offrent à Spa Francorchamps une belle option sur le titre mondial. La F1 qui n’a vraiment pas besoin de cela au moment où s’accumulent les nuages sur une écomomie mondiale dont elle tire sa bonne santé financière, sombre dans le ridicule le plus absolu.


José Carron