Rencontré dans le paddock GP2 au sein duquel il exerce toujours des responsabilités techniques, Bernard Dudot, le « père » des légendaires moteurs Renault Turbo nous avait confié qu’il estimait la différence de puissance entre le V8 de Viry-Châtillon et ses principaux concurrents (Ferrari, Mercedes et BMW, voire Toyota) à environ 25 chevaux.



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© Renault F1 Team Limited


Pas grand-chose me direz-vous mais beaucoup tout de même à une époque de l’histoire de la F1 où la pole position se joue quelquefois à quelques litres de plus ou de moins dans le réservoir. Avec la belle victoire de Sebastian Vettel à Monza, un circuit où, même s’il pleut, il importe d’avoir des chevaux pour avaler les grandes courbes et les lignes droites qui le caractérisent, voilà que le sujet revient sur le tapis pour se transformer en polémique. Une de plus ! Ainsi nos confrères d’Autosport révèlent aujourd’hui que des négociations se déroulent en coulisses pour que l’on revienne à une certaine égalité entre des moteurs V8 qui sont supposés être « gelés » dans leur configuration actuelle jusqu’en 2013. Tout repose encore une fois sur le respect et l’interprétation des règlements édictés par la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile).

Il s’avère que Renault, comme l’a souvent fait observer Flavio Briatore, les a respectés à la lettre. D’autres comme Ferrari, Mercedes et BMW, ont profité des failles existantes pour faire évoluer leur V8, même si cela reste marginal. Comment ? En proposant et en obtenant le changement de telle ou telle pièce interne pour améliorer la fiabilité ou réduire les coûts, comme les textes adoptés en leur temps par tous les constructeurs, en offraient la latitude. « Renault ne l’a pas fait et il va maintenant être extrêmement difficile de rattraper ce retard puisque désormais, lorsque quelqu’un demande une modification, il doit en faire la demande auprès de la FIA, obtenir l’accord de celle-ci mais aussi celui de tous ses concurrents », nous a encore précisé Bernard Dudot.

Les tractations en cours ont donc pour objet de remettre tout le monde à égalité et, selon Autosport, de leurs résultats positifs dépendrait la décision de Fernando Alonso de poursuivre sa collaboration avec Renault F1. Le champion espagnol ne se voit en effet pas repartir à l’assaut d’une nouveau championnat avec une monoplace souffrant d’un handicap de puissance.
On sait aussi que les ingénieurs de Renault, dont certains viennent d’être rappelés au département moteurs de Viry-Châtillon après s’être vu confié d’autres tâches, justement en raison du gel des V8 jusqu’en 2013, travaillent d’arrache pied pour trouver des solutions. Notamment pour dénicher d’autres légers gains de puissance par un travail sur les échappements et grâce à l’utilisation de nouveaux types de lubrifiants. « Nous avons discuté avec les autres équipes pour trouver une solution. J’en ai aussi parlé à Max Mosley pour lui faire comprendre que, d’ici la fin de la saison, il importe que ce problème soit résolu », a prévenu Flavio Briatore dans une interview accordée au journal sportif espagnol AS.

Même son de cloche du côté de Christian Horner, qui gère l’écurie Red Bull Renault et digère assez mal, même s’il affiche une satisfaction de façade s’agissant de Toro Rosso, la montée…en puissance des monoplaces de Faenza. « La FIA détient aujourd’hui toutes les informations à ce sujet pour rétablir la parité », poursuit Christian Horner. Et offrir à la nouvelle star Sebastian Vettel une chance de s’illustrer à nouveau en 2009 avec la Red Bull Renault !


José Carron