Sebastien Buemi, un petit Suisse qui ne craint pas le Romain... Grosjean
Par José Carron, lundi 22 septembre 2008 à 16:53 :: General :: #69 :: rss

Membre du Renault Driver Development (RDD) et intégré à l’équipe de France, Grosjean pouvait sembler alors mieux armé pour progresser en direction de la F1 lorsque, de par ses connexions Red Bull dont il est l’un des pilotes du « Junior Team », Buemi a « débarqué » en GP2 dès le mois de mai 2007 à Monaco en se faisant immédiatement remarquer par un excellent temps en qualifs au volant de l’une des deux monoplaces de l’écurie ART Grand Prix. Ce jour-là, il remplaçait au pied levé l’Allemand Michael Ammermuller, lui aussi pilote Red Bull , qui s’était blessé à la main et ne retrouvera jamais son volant. Fin 2007, il fût un moment question de réunir au sein de la même écurie ART Grand Prix le Vaudois, qui venait de s’y « installer », et le Genevois dont l’équipe de Fred Vasseur constituait le prolongement naturel après avoir offert à la même structure un quatrième titre F3 Euroseries consécutif. Les étincelles qu’un tel duo de pilotes portait en germe a finalement dissuadé les uns et les autres de prendre le risque d’autant que Buemi disposait, avec l’écurie Arden, d’une solution toute trouvée de par sa « filiation » Red Bull.
On en avait pas pour autant fini d’une rivalité qui s’est une nouvelle traduite sur la piste et qui se poursuit en ce moment même pour l’obtention d’un volant F1. Romain Grosjean a confirmé sa vélocité en GP2 mais semble en avoir déçu quelques-uns qui lui prédisent pour 2009 un « redoublement » dans la discipline, tandis que Buemi, qui s’est battu toute la saison avec une monoplace moins affûtée que celles de ses principaux adversaires, n’a jamais rien lâché pour remporter deux courses, s’offrir un joli festival sous la pluie à Silverstone et manquer d’un souffle la pole à Monza. Parallèlement, Sébastien a poursuivi assidûment sa collaboration avec l’écurie Red Bull Renault dont il est officiellement le pilote de réserve, jonglant avec les horaires d’avion pour être un jour en Angleterre, le lendemain à Jerez ou Barcelone, puis de nouveau en partance pour la France ou l’Allemagne pour aller courir en GP2. Cette disponibilité de tous les instants lui a sans doute coûté cher fin 2007 lorsque le Vaudois se trouvait encore en position de pouvoir l’emporter en F3 Euroseries, mais elle lui vaut en revanche la considération et l’estime d’Helmut Marko, Franz Tost et Gerhard Berger, les trois hommes clés de Red Bull et Toro Rosso. Sébastien a notamment passé des heures à Milton Keynes pour développer le simulateur de l’écurie anglo-autrichienne et il a su faire preuve d’une étonnante capacité, s’agissant d’un « gamin » de moins de vingt ans, à communiquer avec les ingénieurs lors des séances d’essais avec la Red Bull Renault.
Pas étonnant dès lors de le retrouver au volant de la Toro Rosso lors des récents essais de Jerez où il s’est de nouveau montré à la hauteur. Qui plus est au volant d’une voiture tout juste auréolée sa première victoire en grand prix ! « Cela s’est bien passé », a sobrement commenté Sébastien au terme des deux journées passées au volant de la monoplace pilotée habituellement par Sebastian Vettel et Sébastien Bourdais. Et dans la bouche du jeune Vaudois ces quelques mots en disent beaucoup plus long que bien des discours. Non seulement ils traduisent sa satisfaction d’avoir été à la hauteur de la tâche, mais ils confirment aussi l’excellence de son travail avec les ingénieurs de Toro Rosso, ce que ces derniers n’ont pas manqué de confirmer depuis.
Cela suffira-t-il à Buemi pour lui permettre de disputer son premier grand prix de F1 ? La question reste en suspens, puisque le très rapide mais facétieux Takuma Sato convoite lui aussi le volant de la monoplace de Faenza, que son rival du GP2 à l’illustre patronyme, Bruno Senna, lorgne également dessus et que rien n’est encore décidé concernant Sébastien Bourdais. Sébastien Buemi, lui, n’a que son talent, sa gentillesse et son assiduité au travail à faire valoir. Mais alors que la saison F1 2008 s’achève, il semble tout de même bien placé pour être le premier Suisse en grands prix depuis le regretté Clay Regazzoni et le très sympathique Marc Surer. Un glorieux héritage que Grosjean ne lui dispute plus depuis que le Genevois fait retentir la Marseillaise à chacune de ses victoires. Mais entre les deux l’histoire est loin d’être finie si d’aventure Romain convainc les dirigeants de Renault de lui confier les clés de la R28 ou de la future R 29 !
José Carron

Commentaires
1. Le lundi 22 septembre 2008 à 18:19, par CGR
2. Le lundi 22 septembre 2008 à 20:02, par josé
3. Le lundi 22 septembre 2008 à 23:03, par godasse-de-plomb
4. Le mardi 23 septembre 2008 à 17:21, par Dominic
5. Le mardi 23 septembre 2008 à 19:43, par godasse-de-plomb
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