Vous avez tous vu Felipe Massa faire la gueule sur le podium et il y avait de quoi pour un prétendant au titre mondial qui se fait dominer, mais il vous faut désormais effacer cette image de votre mémoire car le vainqueur, c’est lui. Vous le savez sans doute déjà, la Cour d’Appel internationale de la FIA (Fédération internationale de l’Automobile) a considéré que le recours formé par McLaren contre la pénalité infligée à Hamilton n’était pas « recevable ». Ce à quoi tout le monde s’attendait, notamment les principaux intéressés.



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Faut-il rappeler que l’actuel leader du championnat a suivi « à la lettre » le règlement édicté par la FIA mais qu’il n’en a donc pas suivi l’esprit. Et c’est pourquoi les commissaires, faisant litière de l’avis du directeur de course Charlie Whiting qui avait validé à deux reprises la manœuvre dans le feu de l’action, ont pénalisé Lewis Hamilton de 25 secondes. Oubliant au passage quelques manœuvres douteuses d’autres concurrents et notamment plusieurs dépassements sous drapeau jaune.

Concernant Hamilton, et maintenant tous les autres concurrents, il fut établi lors d’une réunion à Monza que les textes régissant l’éventuel court-circuitage d’une chicane méritaient d’être clarifiés. Ils le furent donc, et l’on sait maintenant que dans un tel cas de figure, tout pilote doit non seulement rendre la position mais doit aussi attendre que le virage suivant soit négocié pour se livrer à une nouvelle attaque. Une courbe comme la Curva Grande à Monza, laquelle est « cernée » par deux chicanes, est-elle considérée comme un virage ? Allez savoir !

Au-delà de la polémique qu’a suscitée l’ « affaire » du grand prix de Belgique qu’un éminent pilote du nom de Niki Lauda a qualifiée de « décision la plus stupide de toute l’histoire de la F1», qu’est ce que cela signifie ? Simplement que l’autorité sportive et les détenteurs des droits commerciaux semblent souhaiter des courses limpides ou tout se passe selon les procédures prévues. Sans la moindre anicroche. Pour respecter les horaires, les écrans pub, ne pas retarder d’une seule seconde la cérémonie du podium très prisée des dignitaires locaux qui raffolent de l’exposition planétaire que leur offrent ces quelques minutes de télévision et surtout une course où les pilotes se tiennent tranquilles et ne se livrent pas à des tentatives de dépassement extravagantes. Tenez ! Des courses comme le récent grand prix d’Europe à Valencia où, on peut le craindre, comme le grand prix de Singapour, dimanche prochain, si une violente pluie comme en connaît cette région du globe ne vient pas tout fiche par terre.

Quand tout le monde aura compris çà, que seules les qualifs suffiront à déterminer l’ordre d’arrivée, chacun pourra prendre l’avion le samedi soir, les grands prix pourront donc se dérouler sur deux jours au lieu de trois, ce qui permettra au passage de les multiplier dans des contrées comme la Turquie où l’absence de « tradition » du sport automobile fait que les tribunes ont autant d’utilité que celles que vous avez sans doute un jour placé au bord de votre circuit Scalextric. Bref on aura des courses en file indienne et un pays comme la France n’aura pas besoin de se creuser la tête et d’appeler à la rescousse, Prost, Beltoise et consorts pour trouver un endroit où construire un circuit : la neutralisation d’une portion d’autoroute suffira amplement. Et l’on pourra changer de décor toutes les années !

Trêve de cynisme, il n’y a décidément pas que la crise financière mondiale qui menace la F1, les plus passionnés d’entre vous l’ont sans doute déjà compris. Heureusement, dans un bref communiqué, Lewis Hamilton dit vouloir mettre tout cela derrière lui, se concentrer sur le prochain grand prix et redire combien pour lui, la course reste une affaire de dépassements. On attend toujours que ses pairs en fassent autant.


José Carron