Une remarque assez amusante lorsqu’on préside aux destinées d’une écurie dont l’emblème est un…cheval cabré ! « Je trouve cela humiliant pour la F1 et j’ai l’intention d’aborder le sujet avec toutes les équipes » poursuit celui qui vient d’être élu président de la FOTA (Formula One Team Assocation) récemment créée à Monza.



Ferrari



Di Montezemolo ne réagit pas de la sorte en raison du fiasco de Singapour, puisqu’il avait déjà émis des doutes sur l’intérêt de multiplier les courses où les dépassements s’avèrent quasi impossibles comme à Valencia. Ce point de vue éclairé tranche avec l’avis de l’ensemble de la « planète » F1 qui plébiscite Singapour ; loue les organisateurs du grand prix qui ont accédé à toutes les demandes spécifiques qui ont pu leur être faites au cours du week-end ; trouve l’atmosphère équivalente à celle que l’on peut ressentir à Monaco et note que ce premier grand prix nocturne a été un formidable succès populaire, tous les Singapouriens donnant l’impression d’avoir été atteint par la fièvre de la F1.

Sans doute ces commentaires auraient été moins élogieux si la course s’était avérée aussi soporifique que Valencia, mais il faut néanmoins reconnaître que ce nouveau tracé offre deux ou trois réelles zones de dépassements comme l’ont prouvé entre autres Alonso, Rosberg et Hamilton. L’Espagnol et l’Anglais pourraient tout aussi bien rejoindre le jugement de Luca di Montezemolo, tant ils ont souffert l’un et l’autre de la difficulté de doubler des concurrents moins rapides durant les deux premiers tiers de la course. Hamilton a ainsi été contraint de suivre la Red Bull de David Coulthard durant toute la durée de son second relais, roulant en 1’48’’/1’49’’ au tour , soit deux à trois secondes plus lentement qu’au début et à la fin de la course.

Sur les mésaventures survenues à ses deux pilotes, le président de Ferrari ne charge pas la barque, Il vole même à leur secours et reste confiant pour la suite du championnat. « Ferrari peut encore gagner les deux titres. Souvenez vous du Brésil 2007 », prévient Luca di Montezemolo. « Il reste trois courses et j’ai une confiance totale dans les hommes de la Scuderia qui ont toujours démontré, quelles que soient les circonstances, qu’ils savaient se battre jusqu’au dernier mètre. La Ferrari reste la meilleure voiture, Massa est actuellement le meilleur et j’attends de Raikkonen qu’il démontre dans les trois dernières courses qu’il peut encore essayer d’être champion du monde. Nous ferons les comptes à la fin », ajoute un Luca di Montezemolo remonté comme une pendule. Et qui ajoute : « La Scuderia vient de passer un moment difficile, mais tout le monde a pu voir à Singapour que notre voiture était la meilleure permettant à Felipe Massa de survoler les qualifications.

Massa et Raikkonen sont capables de réaliser trois doublés au Japon, en Chine et au Brésil », croit pouvoir affirmer le président de Ferrari dans un élan d’optimisme qui rassurera sans doute les plus déçus des supporters de Maranello à défaut de convaincre les observateurs avertis de la F1. Interrogé sur le rôle de Kimi qui, avec 27 points de retard sur Hamilton, doit raisonnablement envisager la perte de son titre, di Montezemolo estime que « tout pilote sait qu’il court avant tout pour son équipe. C’est pour moi une évidence ».


José Carron