2009  Toyota  TF109  Jarno  Trulli

Au volant de leurs voitures très légères en essence, l’Italien et l’Allemand prirent un bon départ même si Trulli, auteur de la pole, regrettera plus tard de s’être fait griller la priorité par son coéquipier. Les dix premiers tours de course furent à la hauteur de l’immense espoir suscité lors des « qualifs », mais à l’issue des premiers ravitaillements, il était devenu clair pour tout le monde que cette victoire ne serait qu’un mirage dans le désert du royaume de Bahreïn. Une illusion ou plutôt une désillusion de plus dont John Howett et son personnel se seraient bien passés malgré un nouveau podium qui vient pourtant souligner les qualités de la TF 109. Malgré ses regrets, Tadashi Yamashina, le responsable du team, pense que ses pilotes et sa voiture « peuvent légitimement viser le centre du podium dès le grand prix d’Espagne ». Pourquoi pas, mais on peut en douter tant les Brawn s’étaient montrées à leur aise sur le circuit Montmelo lors de la « répétition générale » qui s’y était déroulée à la mi-mars.

Quatre podiums d’affilée pour les quatre premières courses dont trois succès, Jenson Button paraît bien parti pour réitérer cette année la belle série  (dix podiums) qu’il avait alignée en 2004 avec la BAR Honda. Les quatre deuxièmes et les six troisièmes places conquises à l’époque derrière les intouchables Ferrari, l’Anglais les troque cette année contre des victoires et ils ne seront bientôt plus que deux ou trois à pouvoir entretenir l’espoir de lui contester un premier titre mondial. Celui que Briatore considère comme un honnête « conducteur de tractopelle », pour reprendre la traduction faite par les gazettes des récentes déclarations du boss de Renault, ne cesse en tout cas de creuser l’écart avec ses poursuivants au classement du championnat. Et malheureusement pour ce « cher » Flavio, il ne semble pas que Fernando Alonso puisse faire partie de ce trio vu les qualités affichées jusque-là par la R28. Le double champion du monde espagnol a de toute façon déjà la tête ailleurs et doit se réjouir intérieurement des actuels déboires de la Scuderia qui pourraient accélérer son arrivée à Maranello programmée originellement en 2011. Alonso rejoindra sans doute aux alentours des grands prix de Turquie ou de Grande-Bretagne, courant juin, le peloton de ceux qui ne pourront plus disputer le titre à Button et au sein duquel on peut déjà inclure Felipe Massa et Kimi Raikkonen. Malgré la sixième place du Finlandais et les trois premiers points inscrits par le Finlandais à Bahreïn qui ne peuvent être décemment assimilés à un véritable redressement.

Fanatic F1

Les deux pilotes Toyota et notamment Jarno Trulli, qui espère gagner une seconde fois en Principauté, devraient eux aussi voire leurs rêves (davantage que leurs espoirs) de titre mondial s’évanouir avant le début de l’été. De fait, hormis Rubens Barrichello son coéquipier, seul Sebastian Vettel et sa Red Bull paraissent en mesure, à la fois par leurs performances et par leur régularité, de faire douter un Jenson Button qui prend les victoires comme elles viennent et dit ne pas encore songer à succéder à son compatriote Lewis Hamilton. Justement Hamilton ! Peut-il encore y croire ? Si McLaren poursuit sa progression avec une MP 4/24 gagnant en efficacité course après course oui. Sauf que  mercredi c’est le Conseil mondial de la FIA  qui tient l’avenir de l’écurie anglo-allemande et le sien entre ses mains.  Avec aussi la possibilité de faire imploser la F1 en précipitant le retrait de Mercedes selon quelques rumeurs alarmantes mais apparemment bien fondées. Wait and see !

On risque peut-être de perdre les McLaren dans quarante-huit heures mais ce dimanche, on a déjà perdu les…BMW ! Quelle débâcle ! Un « désastre »selon Nick Heidfeld lui-même.  Des « qualifs » calamiteuses, des accrochages, une stratégie plus que douteuse. Encore un ou deux grands prix du même tonneau et l’on pourra craindre que la direction de Munich ne prononce la mise en bière de l’écurie avant même la fête éponyme que célèbre chaque année en octobre la capitale bavaroise!


José Carron