Paddock Bend F1

Les membres du Conseil Mondial ont en tout cas reconnu et admis que dans cette affaire, Hamilton avait bien peu de choses à se reprocher si ce n’est le fait d’avoir suivi aveuglément les mauvais conseils de l’écurie qui l’emploie. Devant les commissaires sportifs mais aussi en course quand son stand lui avait intimé l’ordre de laisser repasser Trulli alors qu’il savait, lui, qu’il était dans son bon droit en restant devant l’Italien parti aux fraises sous le nez de sa McLaren. C’est en tout cas ce qu’il faut comprendre des précisions apportées par Max Mosley  à la BBC quelques minutes après la publication du communiqué officiel.  Interrogé sur la question de savoir si la sanction retenue pouvait être considérée comme légère pour McLaren, le président de la FIA répond : «  Je ne pense pas. Au bout du compte, les décisions qui ont amené le Conseil mondial à se réunir ont été prises par des gens qui ne sont plus aujourd’hui parties prenantes. Il eût donc été injuste de poursuivre plus longtemps et d’aller au-delà de ce qui vient d’être décidé ». Et Max Mosley de poursuivre : « A moins qu’ils (McLaren) ne refassent quelque chose de semblable, c’est la fin de l’histoire ».

Fin de l’histoire aussi et de bien triste manière pour Dave Ryan, le fidèle directeur sportif (35 ans de service!) qui sert de fusible et permet à Martin Whitmarsh, qui venait de succéder à Ron Dennis, de sauver sa tête. « McLaren a décidé de changer de culture » a plaidé Whitmarsh devant le Conseil mondial. Entendez par là l’attitude de l’écurie de Woking vis-à-vis d’une FIA avec laquelle Ron Dennis entretenait au contraire une sorte de conflit permanent lié à sa détestation de Mosley qui le lui rendait bien. Cette histoire-là, en revanche, n’est pas finie mais, pour l’heure, le sport semble devoir reprendre ses droits. Et personne ne se plaindra que le bon sens l’ait finalement emporté Place de la Concorde.

 

José Carron