2009  Brawn  GP  Jenson  Button  Portrait  Podium

Au sein de l’écurie de Brackley, Rubens Barrichello se retrouve maintenant confiné dans le rôle qui était le sien à la Scuderia Ferrari aux côtés de Michael Schumacher. Celui de coéquipier modèle qui gagnera une course quand Jenson ne sera pas en mesure de le faire. Ou en fin de saison, quand tout sera « plié » pour le titre. Cette « fin de saison » pourrait d’ailleurs débuter plus tôt qu’on ne le croit. Dans le courant de l’été du côté de Budapest ou de Valence si d’aventure Brawn GP vient d’ici là ajouter de nouveaux doublés aux deux que l’écurie possède déjà depuis hier, privant de la sorte de précieux points un Sebastian Vettel qui en accuse déjà dix-huit de retard.

Le jeune Allemand ne s’avoue pourtant pas vaincu. Avant ce grand prix d’Espagne passé à respirer les gaz d’échappement de la Ferrari de Massa, lui et son écurie ont clairement affiché leurs ambitions. Pas question de laisser échapper la chance qui pourrait s’offrir à eux dès cette année.  Pas question de la jouer « à la BMW Sauber »  lorsque l’écurie germano-suisse n’a pas saisi la sienne en 2008, abandonnant en cours de saison le développement d’une monoplace dont les qualités auraient pu permettre à Robert Kubica de tirer les marrons du feu du sanglant duel Ferrari-McLaren. A Barcelone, les BMW Sauber sont apparues en progrès après avoir piteusement fermé la marche à Bahreïn. Mais rien de transcendant, Kubica devant, tout comme Hamilton, s’écarter pour laisser la Brawn de Button lui « coller » un tour.

Idem pour la Toyota de Timo Glock. S’il fallait faire un jeu de mots facile on pourrait d’ailleurs  rebaptiser les voitures japonaises les « Toyoyota » pour leur étrange faculté à figurer aux avants postes un jour avant de sombrer dans les profondeurs du classement à l’issue de la course suivante. Il ne leur reste plus que douze grands prix pour engranger une  première victoire. Monaco pourrait en constituer le décor tant Jarno Trulli aime le tourniquet monégasque sur lequel il a gagné son unique course en F1 avec Renault en 2004, mais il faudrait être bien optimiste pour parier un yen sur une telle éventualité. Et du côté du Japon, l’optimisme semble définitivement remisé au profit de la résignation à en juger par les dernières menaces de retrait brandies à Montmelo par John Howett, le président de Toyota Motorsport.

Si Ferrari ne met pas les siennes à exécution, les organisateurs du grand prix d’Espagne prient déjà pour que Fernando Alonso soit au volant de l’une des monoplaces de la Scuderia en 2010, histoire de remplir des tribunes quelque peu clairsemées, notamment vendredi et samedi. Car une cinquième place au volant d’une Renault, voilà qui ne conforte pas la légende d’un double champion du monde. Le double diffuseur dont étaient équipées les deux R 29 à Barcelone n’ont guère amélioré les choses, même aux qualifications où Fernando, bien que très léger, n’a pu rééditer l’exploit de 2008 lorsqu’il était parvenu à se hisser en première ligne. « Le résultat et notre rythme durant la course démontrent notre potentiel et notre capacité à placer nos deux voitures dans les points pour les courses suivantes », a commenté Flavio Briatore. Dans les points donc mais encore un peu juste pour battre « le conducteur de tractopelle » Jenson Button. Une qualité qui sert au moins à l’Anglais pour  creuser l’écart sur ses poursuivants.

2009  McLaren  Mercedes  Lewis  Halmilton  MP4-24

Chez Ferrari, la voiture va mieux, beaucoup mieux, comme en témoignent la course et les qualifs de Felipe Massa. Mais quelle nouvelle claque pour l’organisation et la gestion de l’écurie  après la nouvelle erreur commise samedi aux dépens de Kimi Raikkonen, qui n’est pas ressorti pour assurer sa place en Q2, et celle de la course qui a transformé Massa en conducteur du dimanche imprévoyant contraint de couper le moteur dans les descentes pour atteindre la prochaine pompe à essence ! Quant il s’agit de faire…le plein de conneries, force est de reconnaître que la Scuderia n’est pas en reste cette année ! Enfin il vaut peut-être mieux çà que d’être en…panne d’idées comme on semble l’être chez McLaren pour faire avancer une monoplace qui, en Espagne, n’a résisté aux Toro Rosso et aux Force India que par le seul talent d’Hamilton.


José Carron