Paddock Bend F1

A Barcelone, Grosjean au volant de l’une des monoplaces du team espagnol BARWA ex-Campos que pilotait l’année dernière son rival et ancien collègue du Renault Driver Development (RDD) Lucas di Grassi  n’a pas laissé planer le moindre doute sur ses ambitions et la manière dont il entend les confirmer au fil des courses. Pole position assortie d’une victoire sans bavure lors de la course principale du samedi et première Marseillaise de l’année ! Jamais inquiété même lors du « restart » faisant suite à la sortie de la voiture de sécurité, le Genevois a roulé un ton au-dessus de ses concurrents  durant toute la course tout en préservant ses pneus, chose qu’il n’avait pas toujours réussie à faire l’année dernière. Une vraie « perf » qui met tout de suite en confiance  et augure bien de la suite d’autant que Romain n’avait pas couru depuis Monza soit près de huit mois d’ « inactivité » en compétition. Lucas di Grassi présenté comme son principal adversaire pour le titre s’en est beaucoup moins bien tiré avec l’équipe espagnole Racing Engineering couronnée en 2008 et c’est au Brésilien de devoir maintenant composer avec la pression dès le prochain rendez vous de Monaco.

Di Grassi et Romain vont toutefois devoir se méfier d’un autre…Genevois à la double nationalité italienne et française : Edoardo Mortara, 22 ans. Onzième du récent championnat GP2 Asie et deuxième en F3 Euroseries l’année dernière, Mortara a médusé tout le paddock en résistant à…Romain Grosjean pour la course sprint du dimanche. Parti en deuxième ligne au bénéfice de l’excellente sixième place acquise la veille alors qu’il s’était élancé 12e sur la grille, le pilote de l’écurie anglaise Arden a rapidement pris la tête et n’a jamais commis l’erreur que Romain attendait pour réaliser le week-end parfait.

« Kobayashi s’est un peu loupé au départ et j’ai pu attaquer Van de Garde dès le premier freinage pour mener la course » raconte Edoardo Mortara. « Quand j’ai vu Grosjean dans mes rétros, je me suis dit « merde », ça va être difficile. Je me donnais 10% de chance étant donné la vélocité dont il avait fait preuve tout le week-end et j’ai poussé comme un fou pour creuser un écart. C’est à ce moment que mes temps au tour ont été les plus rapides et que je me suis aperçu que je pouvais le contenir. Je savais qu’en me suivant de trop près, Romain risquait de détruire ses pneus et c’est ce qui est un peu arrivé. Je n’ai fait qu’une erreur stupide à la chicane qui lui a permis de se rapprocher et de tenter une attaque, mais après j’ai réussi à maintenir ma concentration jusqu’au drapeau à damier. C’est vraiment génial. Je sais maintenant qu’il faut que je m’améliore aux « qualifs » pour tirer tout le potentiel d’une voiture très compétitive », commente Edoardo qui s’est longuement tenu la tête et le casque entre les mains à l’arrivée comme s’il ne croyait pas lui-même avoir été capable de réussir ce qui relevait, sur le papier, de l’impossible ! Cette belle performance,  qui devra être confirmée à Monaco sur un tracé difficile où Mortara n’a jamais couru, n’est en tout cas pas passée inaperçue.

Du coup, le championnat international de GP 2 Series pourrait peut-être se réduire à un duel de…voisinage entre un franco-suisse et un franco-italien tous deux résidents genevois !


José Carron