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Ferrari P3

Cette FOTA portée sur les fonts baptismaux il y a quelque mois à Monza et dont Mosley et Ecclestone s’efforcent de briser l’unité à la moindre occasion, que ce soit en la traitant par le mépris ou par le biais du sport lui-même, comme ce fut le cas récemment dans l’affaire du mensonge McLaren. La dernière fois qu’un tel affrontement a eu lieu, lorsque les constructeurs avaient menacé de créer leur propre championnat au milieu des années 2000, il avait suffi d’amadouer Ferrari en accédant à tous les désirs d’une écurie italienne alors au faîte de sa gloire pour tuer dans l’oeuf les ultimes velléités de sécession. Maranello avait même obtenu de l’argent, beaucoup d’argent.

Aujourd’hui la relative indulgence dont la FIA vient de faire preuve vis-à-vis de McLaren ressemble bel et bien à une manoeuvre du même type. Sous le coup d’une sanction avec sursis d’un an, l’écurie anglo-allemande hésite à se ranger franchement derrière Ferrari, Renault, Toyota. BMW, Red Bull et Toro Rosso, comme l’aurait sans doute fait Ron Dennis  avant d’être contraint de s’effacer plus rapidement que prévu suite à la mascarade de Melbourne et Sépang.

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Ferrari 250 GTO

Reste que l’affaire et l’avenir de la F1 tournent aujourd’hui autour de la seule Scuderia. Qui, de Ferrari ou de la F1, a le plus besoin de l’autre ? Nous obtiendrons sans doute de premiers éléments de réponse demain à l’issue de la réunion entre Mosley, Ecclestone et Luca di Montezemolo coiffé de sa double casquette de président de Ferrari et de la FOTA. La F1 peut effectivement vivre sans Ferrari, mais si la Scuderia se retire du championnat du monde, le sport et ceux qui le contrôlent doivent s’attendre à une accélération très sensible de la baisse des revenus qu’il engendre. Maranello, en revanche, risque moins gros sur ce coup-là. Contrairement aux idées reçues et qui se basent essentiellement sur la dernière décennie que nous venons de vivre, marquée par l’ère Michael Schumacher, la légende Ferrari ne repose pas uniquement sur la F1. Elle s’appuie davantage sur l’histoire de la marque. Sur les succès remportés aux 24 Heures du Mans et sur toutes les pistes du championnat du monde des constructeurs avec des voitures considérées par nombre de passionnés comme  parmi les plus belles jamais construites. Que ce soit les Ferrari P3 ou P4 qui bataillèrent avec l’armada Ford au milieu des années soixante, la série des 250 LM ou celle des 250 GTO.

Le retour du cheval cabré au Mans, avant même une éventuelle victoire, serait salué par l’ensemble du monde la course et plébiscité par le grand public. Comme le furent récemment les retours victorieux de Jaguar et Bentley et celui d’Aston Martin. Les audiences et l’intérêt d’une F1 qui s’obstine à multiplier les grands prix sur des circuits insipides bordés de tribunes  désespérément vides pourraient s’en trouver gravement affectés. Et avec elle une viabilité économique que les effets de la crise mondiale n’ont pas vraiment encore entamée. A moins d’une semaine de Monaco, autre « monument » incontournable de la F1, il n’est toujours pas sûr que la raison l’emporte alors que  Max Mosley, Bernie Ecclestone, et Luca Montezemolo abordent de front l’étroit virage de la Rascasse.


José Carron