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Qui cèdera de Max Mosley, le président de la FIA ou de Luca di Montezemolo, président de la FOTA et de Ferrari ? Les paris sont ouverts, mais les risques encourus par la F1 sont réellement énormes. Qui plus est à un moment où l’automobile et sa pratique sportive ne sont plus vraiment dans l’ « air du temps » et où l’opinion publique se mobilise plus volontiers contre  que pour. Les difficultés auxquelles se heurtent tous ceux qui souhaitent voir revivre et oeuvrent  en faveur d’un retour du grand prix de France au calendrier F1 témoignent de ce climat hostile que les actuelles luttes de pouvoir ne contribuent pas à améliorer.

Dommage car à Monaco, les pilotes ont une nouvelle fois démontré combien ce sport pouvait être fascinant quand il est pratiqué à ce niveau. Voir Felipe Massa, qui avoue lui-même n’apprécier que modérément ce tracé urbain, rattraper plusieurs fois sa Ferrari en perdition pour rester au sommet de la feuille des temps fut un régal. Espérons que l’audace dont a fait preuve le petit Brésilien n’ait pas été dictée par l’idée que ce puisse être, pour la Scuderia, le dernier grand prix de Monaco avant longtemps. Massa, ce jeudi de l’Ascension 2009 s’est carrément hissé au niveau de Gilles Villeneuve dans la mémoire des fans pour ne signer finalement que le cinquième temps ! A une demi-seconde de Rosberg  au volant d’une Williams Toyota nettement plus équilibrée et certainement beaucoup plus légère, ce qui n’enlève rien au talent d’un Nico toujours très à l’aise sur un circuit qui a vu son père Keke signer l’un de ses plus beaux exploits en 1983.

Entre Rosberg et Massa, on retrouve les deux Brawn à l’équilibre parfait de Rubens Barrichello et Jenson Button, ce qui ne constitue pas vraiment une surprise. Pas une surprise non plus de retrouver au deuxième rang Lewis Hamilton sur un circuit où le talent ne ment jamais. Nous avons tous en mémoire des images inoubliables de Monaco, en course comme aux essais. Notamment ces tutoiements de rail par les plus grands à chaque sortie du virage Anthony Nogues qui commande la courte ligne droite avant la ligne de chronométrage. Mais je ne me souviens pas avoir jamais vu à cet endroit une monoplace venir frôler les glissières en longue dérive, sans que le son du moteur ne trahisse la moindre hésitation, pour se retrouver immédiatement en glissade des quatre roues à l’accélération dans le sens opposé ! Hamilton l’a fait à plusieurs reprises, notamment dans le tour qui lui a permis d’accrocher le second chrono de la journée.  Je ne sais pas si lui, Felipe, Kimi, Nico, Heikki, Sebastian Vettel ou même Fernando Alonso pourront samedi empêcher les Brawn de monopoliser la première ligne, mais à ce niveau de pilotage et avec des funambules pareils , les « qualifs » vont valoir le coup d’œil !


José Carron