Monaco - Jenson Button

En fait c’est un remake du célèbre réalisateur Ross Brawn qui reproduit sous son nom un scénario déjà bien huilé du temps où il travaillait à la Scuderia Ferrari avec Michael Schumacher. Cette fois les voitures ne sont plus rouges, mais Ross  a tout de même conservé le Brésilien Rubens Barrichello pour le second rôle où il s’était montré parfait. Celui du râleur qui se plaint toujours et qui aurait dû gagner la course si sa ceinture ne s’était pas desserrée et s’il n’avait pas « fusillé » ses pneus plus vite que son coéquipier ! Histoire de donner le change et de faire croire aux adversaires que tout n’est pas si facile au sein de l’ex-écurie Honda.

Que Rubinho se rassure. il est aussi prévu que Jenson le laisse gagner ! Titre mondial dans la poche  depuis longtemps, l’Anglais aura tout loisir de faire apprécier son esprit chevaleresque en « offrant » à Barrichello « son » grand prix national, le 18 octobre prochain qui plus est dans sa bonne ville de Sao Paulo. Car il n’est plus grand monde pour croire ou espérer en un retournement de situation qui empêcherait Button de succéder à son compatriote Lewis Hamilton qui s’est pris à Monaco un tour dans la vue pour la deuxième fois consécutive après Barcelone.

Monaco - Renault

Alors que chacun se félicitait avec raison du bouleversement de la hiérarchie provoquée par les nouveaux règlements, voilà qu’au terme du premier tiers de la saison, la dernière once de suspense qui pouvait subsister s’est volatilisée du côté de Sainte Dévote. Au dix-septième tour, quand le jeune et talentueux Sebastian Vettel a détruit sa Red Bull Renault contre le rail. Button n’en demandait pas tant. Voilà dix points d’avance supplémentaires que le jeune Allemand, qui en accuse désormais 28 de retard, lui a offert sur un plateau. Déjà presque trois victoires à rattraper! La monoplace d’Adrian Newey reste pourtant la plus performante derrière la Brawn, mais malgré ses qualités, Vettel ou Mark Webber auront du mal à empêcher Button de remporter les deux prochaines courses  à Istanbul et à Silverstone. Silverstone où les Brawn devraient se régaler...

De fait le seul grain de sable qui pourrait enrayer cette chevauchée, c’est l’ennui que Button dit ressentir à force de gagner aussi facilement. C’est de l’humour sans doute, mais qui ne fait pas rire tout le monde. En tout cas, il en est un qui ne s’ennuie pas, c’est John Button. En Turquie, il lui faudra pour la première fois utiliser les deux mains pour compter les victoires 2009 de son fils et si tout va bien à Spa Francorchamps ou Monza, il lui faudra se munir d’une ardoise pour écrire le chiffre onze. Excès d’optimisme ou réalisme ? Un peu des deux sans doute. Tout ne sera pas si facile.

Monaco - Fernando Alonso

A Monaco, la Scuderia a retrouvé des couleurs en plaçant ses voitures aux troisième et quatrième place. Kimi semblait même ravi de retrouver les joies du podium. La F 60 progresse c’est sûr, mais une première victoire semble toujours hors de portée, sauf circonstances exceptionnelles. Idem pour Renault et McLaren. Hamilton a raté le coche aux qualifs en détruisant sa monoplace en Q1 à Mirabeau et Fernando Alonso, parti neuvième sur la grille termine septième  après les abandons de Vettel et d’Hekki Kovalainen, lui aussi parti à la faute avec la deuxième McLaren. Rien que de très logique donc pour le double champion du monde espagnol qui peut regretter de n’avoir pas céder aux sirènes de l’ex-écurie Honda, mais se réjouit de ne pas avoir répondu favorablement aux offres de BMW. On ne rigole plus au sein de l’écurie germano-suisse dont les voitures ont joué les voitures balais en Principauté. Avec les Toyota qui ont sans doute disputé le dernier grand prix de Monaco de leur relativement courte histoire en F1…


José Carron