2009  Brawn  GP  Jenson  Button  Casque  Portrait

Avec 32 points de retard au classement « pilotes » (Vettel) et près de quarante (39,5) au classement « constructeurs », il était temps de redresser la barre pour l’équipe de Milton-Keynes. Presque une mission à laquelle le décor de cet ancien terrain d’aviation militaire, devenu le temple du sport automobile britannique et le berceau de l’actuel championnat du monde, se prêtait parfaitement. Vettel et Webber l’ont rempli au-delà de leurs espérances en signant le doublé tandis que Button rentrait à la base avec seulement trois points supplémentaires indignes du tableau de chasse de son début de saison. La faute à des qualifs en demi-teinte où l’Anglais n’avait pu faire mieux que sixième après s’être déclaré incapable de faire monter ses pneus en température sur un circuit de Silverstone où le thermomètre extérieur n’a jamais atteint les 20 degrés.

En course, après un bon départ vite anéanti par Jarno Trulli et la cohue du premier virage, Jenson a souffert du trafic, mais son dernier relais en pneus tendres pouvait alimenter chez lui quelques regrets. Une meilleure position sur la grille lui  aurait certainement permis de faire mieux que Barrichello qui, bien qu’handicapé par des douleurs au dos, franchit la ligne d’arrivée à plus de quarante secondes de Vettel ! Un écart qui, quelles que soient les qualités de la nouvelle Red Bull, ne reflète certainement pas la réalité entre les deux meilleures monoplaces du moment. Button peut se lamenter de ne pas avoir pu remporter son grand prix national comme pouvait le laisser espérer sa forme actuelle, mais avec les Red Bull, Rubens peut se faire du souci quant à la possibilité de remporter facilement le sien, le 18 octobre à Sao Paulo.  Il se pourrait même qu’il puisse en être empêché par son compatriote Felipe Massa tant les Ferrari, discrètement mais sûrement, relèvent la tête au fil des grands prix. Force est de reconnaître qu’après les errements des premières courses, la Scuderia est aujourd’hui la seule des « grandes » écuries à rattraper le retard prix sur les Brawn et les Red Bull. Rien de transcendant que de terminer quatrième et huitième mais c’est toujours mieux que les BMW, les Renault et les McLaren Mercedes qui ont toutes pris un tour dans la vue sur un circuit où les qualités des monoplaces sont aussi importantes que l’audace de leurs pilotes. Fernando Alonso, Lewis Hamilton Robert Kubica et même Nelson Piquet n’en ont pas manqué pour se battre comme des chiffonniers au volant de voitures qui leur demandent davantage des qualités d’équilibriste que de pilote. Mais quelle misère !

2009  Toro  Rosso  STR4  Sébastien  Bourdais

A quoi servent toutes ces batteries d’ordinateurs devant lesquelles s’affairent des ingénieurs à l’arrière des garages, à Woking, Enstone ou Hinwill ? A pas grand-chose semble-t-il, si l’on en croit ce qu’on voit au fil des grands prix. A moins que la F1, comme autrefois, du temps de Colin Chapman, Tony Southgate, Harvey Postlethwaite, Gérard Ducarouge, Mauro Forghieri, Gordon Murray ou encore John Barnard pour n’en citer que quelques-uns, demeure une affaire de « fous géniaux ». Si tel est le cas, tant mieux et c’est ce que tendent à prouver aujourd’hui Adrian Newey et Ross Brawn qui sont bel et bien géniaux à défaut d’être fous. Et auxquels il convient d’associer Patrick Head et James Key qui parviennent, avec beaucoup moins  de moyens, à faire « tenir le parquet » aux Williams et aux Force India respectivement cinquième, onzième et dixième aux mains de Rosberg, Nakajima et Fisichella, tous les trois bien inspirés sur le rapide tracé anglais. Nico Rosberg s’offrant même le luxe de battre Button et les deux Toyota dont il partage le moteur !

D’un point de vue sportif, Silverstone sera-t-il le tournant d’une saison qui menaçait d’ennui les plus passionnés d’entre-nous? Peut-être ! Mais il serait très optimiste d’espérer un retournement complet de situation en faveur des Red Bull. En revanche on ne quitte pas Silverstone le cœur gros puisqu’il semble bien que le vieil aérodrome fasse encore partie l’année prochaine du calendrier de la F1. Avec ou sans FIA. Avec ou sans Max Mosley et Bernie Ecclestone dont les heures de vol semblent toucher à leur fin.


José Carron